Accueil / Blog / Logement / Travaux dans votre logement en location : qui...
Logement

Travaux dans votre logement en location : qui doit payer ? Droits et recours du locataire

✍️ Équipe lettreminute.fr 📅 12 March 2026 ⏱ 6 min

Votre propriétaire refuse d'effectuer des réparations indispensables ? La loi est précise sur qui doit payer quoi. Découvrez vos droits et les recours disponibles pour obtenir des travaux.

Le principe fondamental : un logement décent est une obligation légale

L'article 6 de la loi du 6 juillet 1989 impose au bailleur quatre obligations essentielles :

  1. Délivrer le logement en bon état d'usage et de réparation
  2. Assurer la jouissance paisible du logement
  3. Entretenir les locaux en état de servir à l'usage prévu
  4. Effectuer toutes les réparations autres que locatives nécessaires au maintien en état

Le décret du 30 janvier 2002 précise les critères du logement décent : surface minimale, installation électrique conforme, chauffage fonctionnel, absence d'humidité, etc.

La répartition des travaux : qui paye quoi ?

Ce qui incombe au propriétaire (grosses réparations)

Le propriétaire doit assumer tout ce qui relève de la conservation du bien et de sa mise aux normes :

  • Remplacement d'une chaudière ou chauffe-eau défaillants (hors panne due à un défaut d'entretien du locataire)
  • Réfection de la toiture, des murs porteurs, des canalisations encastrées
  • Traitement des infiltrations d'eau et de l'humidité structurelle
  • Mise aux normes de l'installation électrique (hors changement d'ampoules, de fusibles...)
  • Remplacement de fenêtres ou volets vétustes
  • Mise aux normes du chauffage selon les nouvelles réglementations énergétiques

Ce qui incombe au locataire (réparations locatives)

Le décret du 26 août 1987 liste exhaustivement les réparations locatives à la charge du locataire :

  • Entretien courant : ramonage, vidange de fosse septique, entretien chaudière (contrat annuel)
  • Menus travaux de peinture intérieure (si dégradation normale ou causée par le locataire)
  • Remplacement de joints de plomberie, têtes de robinets, flotteurs de chasse d'eau
  • Entretien des parquets (cirage, remplissage de petits trous)
  • Remplacement de vitres brisées (sauf bris causé par un tiers ou un défaut de l'immeuble)
💡 Bon à savoir — La liste du décret de 1987 est limitative : le propriétaire ne peut pas vous imputer des réparations qui n'y figurent pas. En cas de doute, l'ADIL (Agence Départementale d'Information sur le Logement) vous conseille gratuitement.

L'usure normale : un concept clé

L'usure normale (ou vétusté) est ce qui résulte du passage du temps et d'une utilisation conforme du logement. Elle est à la charge du propriétaire, pas du locataire. Par exemple :

  • La peinture qui s'écaille après 10 ans = usure normale (propriétaire)
  • Des murs percés de nombreux trous = dégradation (locataire)
  • La moquette ternie après 12 ans = usure normale (propriétaire)
  • Des brûlures de cigarette sur la moquette = dégradation (locataire)

Que faire si le propriétaire refuse de faire les travaux ?

Étape 1 — La demande écrite et amiable

Commencez toujours par un email décrivant précisément le problème, ses conséquences et ce que vous demandez. Gardez cette trace écrite précieusement.

Étape 2 — La mise en demeure recommandée

Sans réponse satisfaisante sous 8 à 15 jours, envoyez une mise en demeure formelle en recommandé avec AR. Elle doit citer l'article 6 de la loi du 6 juillet 1989 et, si applicable, l'article 20-1 relatif à la non-conformité aux normes de décence.

📄 Modèle de lettre prêt à utiliser
Mise en demeure propriétaire pour travaux →

Cite l'article 6 de la loi du 6 juillet 1989, le décret du 30 janvier 2002 sur la décence, et l'article 20-1 sur la non-décence.

Étape 3 — La Commission départementale de conciliation

Saisine gratuite auprès de la préfecture. Elle peut aboutir à un accord amiable ou une injonction à réaliser les travaux dans un délai fixé.

Étape 4 — Le juge des contentieux de la protection

Le tribunal judiciaire peut condamner le propriétaire à :

  • Faire exécuter les travaux sous astreinte (pénalité par jour de retard)
  • Autoriser le locataire à faire réaliser les travaux aux frais du bailleur
  • Réduire le loyer pendant la durée des troubles de jouissance
  • Verser des dommages et intérêts pour le préjudice subi

Le logement indécent : recours spécifiques

Si votre logement ne satisfait pas aux critères du décret du 30 janvier 2002 (surface insuffisante, humidité, électricité défaillante...), vous pouvez :

  • Saisir la CAF qui peut suspendre le versement des APL au propriétaire et imposer des travaux
  • Alerter le service hygiène de la mairie qui peut mettre en demeure le propriétaire via la police du logement
  • Saisir l'ADIL pour un conseil juridique gratuit

La rétention de loyer : à manier avec précaution

Cesser de payer le loyer est risqué sans autorisation judiciaire préalable, et peut entraîner une procédure d'expulsion. La consignation des loyers auprès d'un tiers séquestre (notaire, avocat) est une alternative plus sûre qui montre votre bonne foi tout en faisant pression sur le propriétaire.

Articles similaires